
A la recherche de Savannah...
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Après de nombreuses semaines d'utilisation et une ( brève ) période de démotivation profonde pour cause de témoignage négatif glané sur le net, je l'avoue : je
suis moi aussi devenue une adepte inconditionnelle du pot en porcelaine. Et à l'heure où le capitalisme triomphant s'effondre et où notre banquier nous rappelle à l'ordre pour combler notre
découvert avant que la banque ne fasse faillite ( afin que son patron puisse quand même bénéficier d'un joli parachute doré tandis que nous nous contenterons de la visite des huissiers ), je
viens de réaliser qu'il me faudrait désormais inclure la Crème de la Mer dans mon budget désormais rebelle à toute frivolité superflue...
Et oui, je ne peux plus m'en passer ! Et telle Liv Tyler faisant provision de pots géants à chaque fois qu'elle croise un duty-free, je ne peux plus vivre sans elle.
Ma peau semble revitalisée de l'intérieur, les traits sont lissés, et c'est un véritable bonheur de l'étaler délicatement sur mon visage ( éclatant ) désormais aussi doux qu'une peau de
bébé... Je crois que les injections d'acide hyaluronique attendront.
Voilà donc un investissement que vous ne regretterez pas ! Il est absolument sans danger et c'est une valeur sûre, croyez-moi ! Rien à voir avec le Cac 40...
Me voilà donc rentrée depuis déjà quelques semaines de mon séjour au pays de l'Oncle Sam... Séjour palpitant qui s'est terminé de manière tout à fait inattendue à la Convention Démocrate de Denver ! " Out of the blue " comme diraient les américains. J'ai toujours adoré cette expression que je trouve complètement décalée et tellement poétique. Même s'il arrive parfois que les choses qui surviennent " out of the blue " ne soient pas forcément agréables ! Mais là, ce fut le cas. Un grand moment partagé avec des milliers de démocrates en folie sous le soleil impitoyable du Colorado. Inutile de dire que le retour en France fut difficile et la reprise de ma petite vie encore plus. Et ce qui devait arriver arriva : la désertion de mon blog si péniblement commencé. A vrai dire, je n'ai toujours pas compris à quoi servait un blog, le mien en l'occurence. Si je suis incapable de vivre sans écrire, je n'ai pourtant jamais eu l'habitude d'étaler mes états d'âme et j'ai toujours fait mienne ce principe fondateur : pour vivre heureux, vivons cachés. En d'autres termes : never complain, never explain... bien que je n'ai aucun lien d'aucune sorte avec la famille royale d'Angleterre, je vous rassure. Mais je protège jalousement ma vie privée au grand dam de mes amis qui n'en demandent pas tant et mon père lui-même pensait que j'étais quelqu'un d'inaccessible ( je cite ). Alors, quel besoin de m'épancher sur ce support virtuel dans un exercice littéraire que je trouve contre-nature ? Pour me retrouver qui plus est à la merci de gens que je ne connais pas. Peut-être l'envie d'aller au bout de la chose et de me dire que moi aussi je peux y arriver, moi aussi je peux faire une brèche dans la muraille et déchirer le mur du silence ( wouaaahhh, quel sens de la formule ! ). Surtout que j'adore lire les blogs des autres. Un peu contradictoire la fille, non ? J'en découvre de nouveaux chaque jour, surtout en rapport avec les voyages et l'expatriation, et je suis sidérée devant le talent de certains bloggeurs, et encore plus sidérée quand je découvre que certaines personnes en ont plusieurs... Et là je me dis, mais comment font-ils pour avoir une vie tellement trépidante qu'un seul blog ne leur suffit pas ? Je me dis aussi que moi qui ai eu plusieurs vies ( comme les chats ), il est peut-être temps de changer de vie et d'aller voir ailleurs si j'y suis. Cette vie-là arrivant, de toute évidence, à sa fin... Les choses commencent d'ailleurs à se mettre peu à peu en place dans ma tête, et je pense que d'ici quelque temps un nouveau blog consacré aux voyages verra le jour...
Je ne pouvais pas partir en vacances sans rendre un hommage à Alexandre Soljenitsyne qui vient de mourir. Ecrivain majeur du 20ème siècle, Prix Nobel de littérature en 1970, il
se sera battu toute sa vie pour la liberté et n'aura eu de cesse de dénoncer les méfaits du communisme. " L'Archipel du goulag ", paru en 1973, est certainement son livre le plus célébre,
mais les autres sont quasiment tous des chefs d'oeuvre. Véritable légende vivante, exilé pendant vingt ans aux Etats-Unis, il retrouva sa terre natale en 1994. Il passa sa vie à écrire et j'ai
encore en mémoire la merveilleuse émission que lui avait consacré Bernard Pivot pour " Apostrophes ". Il avait survécu à tout, à la guerre, aux camps, à la maladie, il avait dit : " je rentrerai
vivant dans mon pays, je le sais ". Soljenitsyne fut un des plus grands résistants de tous les temps et un immense écrivain. Son cri continuera de résonner pendant encore
très longtemps.
" Et malgré tout, il arrive qu'un cri déclenche l'avalanche... "
Lisez-le, relisez-le... Sa voix est une des plus importantes qu'il nous ait été donné d'entendre.
Je fais partie de celles et de ceux qui ont vibré avec la série X-Files pendant presque une décennie. La vérité était ailleurs et on
voulait nous la cacher...
Je m'y replonge de temps en temps grâce à Paris Première qui rediffuse des épisodes le jeudi soir. Donc, je me suis bien sûr précipitée au cinéma hier pour voir mes deux agents du FBI préférés
sur grand écran. Sauf qu'ils ne sont plus agents du FBI ! Les choses ont bien changé, la vérité aussi... Mulder vit en ermite, affublé d'une barbe de bucheron canadien ( j'ai eu un petit choc en
le voyant car j'en étais resté au super sexy David Duchovny dans l'excellente série Californication ), Scully a repris son métier de médecin et travaille dans un hôpital catholique
dirigé par un prêtre peu ragoûtant à qui on ne se confesserait pour rien au monde, et on apprend qu'ils vivent ( enfin ! ) ensemble ( Sculder et Mully, pas Sculder et le prêtre,
faut pas pousser ).
Pour le reste, fini les petits hommes verts et la tentative de domination des aliens sur notre brave planète. On se retrouve dans ce qu'on croit être au départ une histoire de serial
killer pour aboutir finalement à une " banale " histoire de trafic d'organes. Les méchants sont les Russes, comme au temps du rideau de fer, et un des personnages principaux est un prêtre
pédophile. Film très porté sur la religion, par ailleurs...
Donc, j'ai été assez décontenancée dans les premiers temps, mais je me suis vite laissée prendre par l'histoire et sûrement aussi par le bonheur de retrouver Scully et Mulder. Je pense
d'ailleurs que l'évocation de leur relation, la mise en lumière du lien très fort et inextricable qui existe entre eux malgré leur différence fondamentale, à savoir : croire ou ne pas
croire, est une des choses les plus réussies du film. Même si la tension sexuelle qu'il y avait entre eux dans la série a ici quelque peu disparu du fait qu'ils sont devenus un vrai couple. Mais
en revanche, on pénètre vraiment dans la psychologie des personnages, on voit leurs failles, leurs doutes, leurs questionnements, symbolisés par cette phrase qui revient sans cesse : Don't
give up ! Très américain...
L'esprit du film est assez différent de ce qui a fait le succès de la série, mais je crois aussi que les thèmes de la série ont forcément mal vieilli : la vérité est ailleurs, les théories du
complot, etc... Tout cela a été ringardisé par le 11 Septembre. C'est d'ailleurs peu de temps après que la série a été arrêtée... Car malheureusement, on a découvert à ce moment-là que la vérité
n'était pas ailleurs, non elle était ici, sous nos yeux, et elle pouvait surgir à tout moment !
Il y a un moment particulièrement savoureux dans ce film : Mulder est dans un couloir, au FBI, il attend qu'on le fasse entrer dans un bureau et il regarde les photos au mur, et soudain, il y a
un gros plan sur celle de Bush, et à ce moment-là on entend les premières mesures de la musique géniale de la série ( définitivement ancrée dans nos esprits car tout le monde est capable de
la fredonner ), et là il y a eu un énorme éclat de rire dans la salle ( le type qui était derrière moi ne pouvait plus s'arrêter ). Bush en extra-terrestre, il fallait y
penser !
Le lundi soir en général est un vrai moment de bonheur, car c'est le soir où je m'installe tranquillement devant ma télé et où je prends
ma dose de " Grey's Anatomy " ( 3 épisodes d'affilée ) qui m'aide à bien commencer la semaine et à patentier tranquillement jusqu'à l'arrivée de la saison 4 !!! Inutile de dire que toutes
les invitations le lundi soir, je les refuse sans aucune hésitation. De toute façon, qui sort le lundi soir ?
Donc, lundi dernier, je me préparais avec délice pour ce moment de félicité télévisuelle, quand j'ai soudain réalisé que " La Notte " passait sur Arte... Etant une inconditionnelle d'Antonioni,
j'ai vu tous ses films et dès qu'il y a une rétrospective, je suis la première à m'y précipiter. Mais je ne sais pas pourquoi, celui-là, je ne l'avais pas revu depuis très longtemps...
Il y a pourtant tout ce que j'aime dans ce film, tous les thèmes qui me sont chers, et surtout il y a Mastroianni. Bien sûr, il y a aussi Jeanne Moreau et Monica Vitti, aussi sublimes l'une que
l'autre, mais rien qui ne puisse être comparé à la beauté incandescente de Mastroianni. Tout au long du film, il promène sa démarche nonchalante, son élégance absolue et son regard intense,
bouleversant de présence, tout en zones d'ombre et en silences, en gestes retenus et en passion contenue, et on se souvient de l'acteur immense qu'il a été, bien au-delà de sa beauté. Je me
souviens qu'on disait à propos de lui qu'il était la quintessence de l'acteur italien...
J'ai été vraiment très émue de revoir ce film, un véritable chef d'oeuvre, peut-être le plus beau film d'Antonioni qui démontre toute l'étendue de son génie à travers l'histoire de ce couple qui
se défait en une seule nuit. On ne sait presque rien d'eux, on entre dans leur vie par effraction, et à la fin du film on sait qu'on ne pourra plus jamais les oublier. La Notte, c'est un
film sur les non-dits, sur l'incommunicabilité, sur la lente désintégration d'un couple, sur la fracture non pas brutale mais progressive d'un amour, sur la manière dont la fissure
s'est agrandie au fil des ans pour soudain se transformer en un gouffre qu'on ne pourra plus combler. Ce n'est pas un film sur l'amour, c'est un film sur son impossibilité, sur la façon
dont il s'érode sans que l'on puisse rien y faire, sur son évanouissement. C'est un film sur l'errance et sur l'évanescence des sentiments. Illuminé par la grâce de ses acteurs et par
l'éclat sombre de Mastroianni, un film d'une classe et d'un esthétisme rares, une véritable leçon de cinéma...
Alors oui, il a été un peu difficile pour moi de revenir sur terre ensuite et de me plonger dans la vie de la petite bande du Seattle Grace Hospital. Mais ce soir-là a été une soirée vraiment
parfaite. Merci Maestro !
Voilà ce qui
m'attend dans une semaine ! J'ai le billet, les valises sont presque faites, et je ne tiens plus en place à l'idée de revoir ma ville préférée. Après tout, ce ne sera que la 21ème fois que je
vais visiter Big Apple !
Bientôt, je serai dans un taxi jaune, après avoir passé l'épreuve toujours épique de la douane et affronté le bombardement de questions qui l'accompagnent. Est-ce que j'ai un boy-friend ?
Est-ce que je viens pour me marier ? Y a-t-il de la nourriture dans ma valise ? Et last but not least, suis-je là pour tuer le président ? En bref, il faut répondre NON à presque toutes les
questions. Même si on une envie folle de tuer le président ! Et OUI, on va bien retourner dans notre pays à la fin de notre séjour, même si on n'en a pas envie !!!
Mais une fois que j'aurai survécu à l'arrivée à JFK, je vais monter dans un taxi jaune et bientôt la statue de la liberté me rappellera que je suis bien arrivée dans le nouveau-monde ! Et
je pense déjà au premier cappucino que je vais aller boire au Caffe Reggio, MON endroit fétiche à New-York City. C'est toujours la première chose que je fais quand j'arrive là-bas. Ensuite,
j'irai sur Bleecker street pour m'acheter les meilleurs cupackes de la ville chez Magnolia Bakery, j'irai les manger à Washington Square, et puis il y aura Central Park, le Moma, les rives de
l'Hudson d'où je regarderai le soleil se coucher sur les tours du New-Jersey, les virées dans East Village où on trouve toujours un bar sympa pour danser la salsa, une énième visite en haut de
l'Empire State Building pour en prendre encore plein les yeux en regardant la ville, et Times Square le soir pour ses lumières et ses écrans géants multicolores. Je me perdrai dans New-York, la
ville qui ne dort jamais, et je penserai à cette phrase de John Updike qui dit que le vrai New-Yorker, dans le secret de son coeur, pense que tous les gens qui vivent ailleurs sont des
fous.
Alors, ces quinze jours écoulés, je vais rentrer à Paris et allumer un cierge à Sainte-Rita pour décrocher enfin ma
Green Card ! Et je sais qu'un jour, Dieu m'entendra. Because I wanna be a part of it !
" L'avenir est la seule chose qui m'intéresse, car je compte bien y passer les prochaines années ". Woody Allen